09 août 2007
Vous ne me croirez jamais !
Mardi soir, après notre sortie occidentale, chacune rentre chez soi et je décide de me coucher tôt parce qu’embaucher à 7 heures du mat ça fatigue. Je me prépare donc, fais ma petite inspection nocturne et d’ailleurs je tenais à vous informer que mes copines les grenouilles m’ont quittée. Ne me demandez pas comment car je n’en ai pas la moindre idée et je crois que je ne préfère pas savoir. Donc je fais mon inspection et là rien du tout. Cool, je vais pouvoir me coucher tranquille. Puis en plein milieu de la nuit, je me réveille brusquement car je ressens une douleur sur mon orteil. Comment j’arrive à me faire piquer avec une moustiquaire, qui croyez moi est bien fermée. J’allume la lumière et sors précipitamment du lit pour voir à qui j’ai affaire. Et là, je vois un énorme cafard courir sous mon lit et se cacher derrière un meuble. Je panique, ne sais pas quoi faire et décide d’attendre que le jour se lève en gardant la lumière allumée (il était 1 heure 20 et mon réveil sonne à 6 heures). Mais comme je ressentais une certaine fatigue, je me décide à éteindre mais impossible de me rendormir. Je suis encore arrivée au boulot avec des poches sous les yeux mais heureusement pour moi je dois marcher 2 kilomètres

Vous voyez, je n’exagère pas. Bon là, il est dead, c’est pour ça qu’il est sur le dos. Il a inhalé une bonne bouffée de « hit », un produit miraculeux. Merci à l’inventeur, cet aérosol est mon nouveau compagnon de chambre. Il est posé sur la table de nuit, tout près de moi, comme ça je l’ai à portée de main.
Le chauffeur malade
En lisant le titre de ce texte vous pensez sûrement que je vais vous conter l’histoire d’un chauffeur complètement barge, roulant n’importe comment, doublant par la gauche, par la droite, klaxonnant à tout va, pilant pour éviter les innombrables nids de poule, roulant sur la cinquième file alors qu’il n’y en a que quatre, et autres folies sur la route. Et bien non parce que ça c’est banal en Inde, c’est comme ça que ça se passe. Tu sers les fesses dès l’instant où tu prends place dans le rickshaw ! Et là, c’est les montagnes russes pour pas cher (sauf que t’as pas la tête en bas !)
Non en fait je vais vous conter l’histoire d’un chauffeur atteint d’une sacrée bronchite. Je sais ça a l’air banal, mais à la fin de notre course, en plus d’avoir envie de gerber à cause de la façon de conduire, on avait vraiment le cœur retourné à cause de ce qu’il a fait pendant 30 minutes. Voici l’histoire.
Hier soir nous sommes allées au « Café d’art », un café-resto dans le beau quartier d’Hyderabad (Banjara Hills) connu pour ses croissants et chocolat chaud. Comme c’est un peu loin de mon appart en plein milieu des bois, nous avons pris un rickshaw. Et nous sommes tombées sur un chauffeur un peu (c’es un euphémisme) enrhumé. Et comme vous le savez, ou peut-être pas, les Indiens se mouchent sans mouchoirs, ils utilisent leur main. Jusque là tout va bien, il faut juste s’y habituer. Mais comme notre chauffeur avait l’air de ne pas savoir quoi faire de sa morve, il s’essuyait la main dans ses cheveux ! Humm comme c’est agréable ! Puis fatigué de se moucher, il a commencé à cracher. Mais ce n’était pas le petit truc de rien du tout. Non, non, il raclait bien profondément sa gorge pour en éjecter le maximum. Et bien sur de quel côté crachait-il ? A votre avis ? Et bien avec toute la chance que j’ai avec moi en ce moment, c’était de mon côté. En fait j’étais derrière lui sur la droite et Monsieur a passé 30 minutes à cracher de toutes ses forces de mon côté. Et comme dans un rickshaw il y a quand même beaucoup d’air j’étais terrifiée à l’idée que ça tombe sur mes pieds. Alors à chaque fois je les levais pour éviter le pire. Ah la la que d’aventures en Inde ! Moi la reine de l’hygiène et la phobique des insectes, je suis gâtée !!
Enfin bon, cela ne nous a pas empêché de passer une bonne soirée devant un plat de pâtes cuisiné à l’occidental. Le seul problème c’est que j’avais pris soin de prendre un plat végétarien, « jambalayan pasta », (en plus c’était écrit sur la carte) et le serveur m’a apporté une assiette pleine de pâtes certes mais avec plein de morceaux de poulet et des crevettes, genre une paella avec des pâtes. Ils ont vraiment une drôle de façon de concevoir le végétarisme ! Enfin je n’en ai pas tenu rigueur car le resto avait l’air très propre. Puis, un des employés est venu nous voir car il nous avait entendu parler français, et il s’avère qu’il prenait des cours à l’Alliance Française. Il nous a regardé manger, (c’est le genre de truc qui te met à l’aise), nous a montré son cahier d’exercices et le must, nous a offert le dessert, un délicieux brownies au chocolat. Après un début de soirée un peu gerbant, on a fini par une rencontre sympa et du chocolat.
Bon et si je parlais un peu du pays ?
Non parce que si je continue je vais devoir changer le nom de mon blog pou l’appeler « Sarah et sa rencontre avec la petite faune indienne » !
Comme vous le savez, ou peut-être pas, j’ai été affectée à Osmania University à Hyderabad dans le centre sud de l’Inde. Ici l’ambiance n’est pas du tout la même que dans le Nord et plus précisément à Delhi, la seule ville du nord que j’ai visitée. Certes les Indiens nous regardent bizarrement car apparemment ils n’ont pas souvent l’occasion de voir des étrangers étant donné que ça n’est pas du tout une ville touristique. Mais ils ne sont pas collants comme peuvent l’être ceux du nord. Pour le moment, aucun ne m’a suivi pour me proposer des massages ou des diamants. Fort heureusement !
En ce qui concerne la ville, ça reste le bordel. Il y a des embouteillages monstres mais les conducteurs sont plus patients. Et surtout, les chauffeurs d’auto rickshaw ne nous proposent pas des prix exorbitants pour aller d’un point à l’autre ; ils fonctionnent avec le « meter » c’est-à-dire le compteur pour les non anglophones ! Ce qui fait qu’on a un contact plus facile avec eux. On n’a pas peur de se faire arnaquer. Sauf avant-hier soir où avec Marie on est rentrées dans un rickshaw et on s’est aperçues que le compteur ne marchait pas. Avec notre anglais impeccable on lui a dit qu’il avait pas intérêt à nous faire le coup du « c’est normal la nuit c’est pas pareil » parce que de toute façon on paierait le prix indiqué sur le «meter », soit 10 roupies. Mais le problème c’est qu’il essayait de nous expliquer un truc mais comme on ne comprenait rien ; on a insisté et commencé à gueuler. Au bout d’un moment on lui a demandé de s’arrêter pour prendre un autre rickshaw et un passant s’en est mêlé. Pour une fois nous étions contentes que quelqu’un s’occupe des affaires des autres ! Il a fini par nous expliquer que le meter se mettait en route au bout d’un km et demi et là on s’est senties vraiment cons ! On s’est confondues en excuse mais le pauvre chauffeur ne comprenait rien. Ah la barrière de la langue ! Au moment où il a redémarré, le compteur s’est mis en route. La honte. Enfin, on le saura pour la prochaine fois. Au final, le compteur a tellement bien tourné que nous en avons eu pour 60 roupies et sur le trajet on a halluciné de voir que les chiffres augmentaient si vite.
Sinon, aujourd’hui à la fac il y a eu une manifestation des étudiants. Paraît-il qu’ils sont sans arrêt en train de faire ça, au moins une à deux fois par semaine. Aujourd’hui c’était pour protester contre l’Etat qui a vendu des parcelles de terre à des entreprises étrangères. Du coup ça crée des déplacements de la population et la moitié est relogée, les autres doivent se débrouiller.
La manifestation consiste à aller dans l’enceinte de la fac en groupe. Il y a un chef de troupe qui hurle des trucs dont je ne saisis pas le sens puisque c’est en télougou et les autres répètent en cœur. Cette technique permet de laisser aux autorités le temps d’arriver. Une fois sur place, les étudiants se regroupent à l’entrée de la fac et provoquent les policiers. Ensuite ils font un sit-in. Je me suis arrêtée là car ça commencé à être long et de toute façon je crois que j’aurai l’occasion d’en voir d’autres. Et puis ça m’avait l’air de ressembler aux manif que nous faisons en France. Les cultures sont différentes mais les façons de protester restent les mêmes.
Sinon une petite question pour ceux qui savent : la couleur jaune chez les animaux et notamment les amphibiens, c’est signe de danger ? Non, je dis ça parce que ma petite grenouille, elle est toute jaune et elle me fait un peu peur quand même. En plus, toute à l’heure le concierge est venu sonner pour savoir si j’avais besoin d’un bidon d’eau et j’en ai profité pour lui demander « can you help me please ? I have 2 frogs in my house and I’m afffraid ». Il a rien compris et a insisté pour me donner un bidon d’eau. Mais moi je m’en fou de son eau potable, je veux juste qu’il me virent mes animaux de compagnie. Je lui ai fait le geste de rentrer pour que je lui montre mais je crois qu’il s’est imaginé autre chose et m’a répondu « ask to the department of french ». Enfin bon d’accord, je ne vais pas aller demander au président de la fac de venir me sortir mes grenouilles !!
En tout cas j’ai mal joué mon coup car déjà que les françaises ont la réputation d’être des filles faciles, s’il raconte ça aux voisins, la cohabitation va être sympa !
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