Chaï.com Sarah en Inde

Récit d'un voyage de 9 mois à Hyderabad dans le cadre d'un stage FLE.

14 décembre 2007

Agra & Bénares ou le Taj Mahal & le Gange

Ca fait vraiment un bon moment que je n'ai pas donné de nouvelles. En même temps, plutôt normal car je n'étais pas à Hyderabad la semaine dernière. Et oui j'ai encore eu la chance de faire un petit tour en dehors de ma grande ville polluée.

J'ai du aller à Delhi pour une journée de formation avec l'Ambassade et j'en ai profité pour découvrir les splendeurs du Taj Mahal (ah ce Shâh Jahân, il était vraiment love de sa femme pour lui offrir un tombeau pareil!) et me promener sur les ghâts bordant le Gange à Varanasi. Valentin n'est pas venu à Delhi et a préféré me rejoindre à Agra en train (24 heures d'un coup, courageux le Loulou).

La journée avec l'Ambassade nous a permis de tous nous retrouver (30 tuteurs au total répartis dans toute l'Inde), mais le meilleur n'a pas été cette journée enfermés dans une salle de réunion ultra climatisée d'un hôtel de luxe, non le mieux ça a été les petiets soirées avant, pendant et après bien arrosées. On a trouvé un bar happy hours et on en a bien profité.

2 jours après me voilà en route pour Agra, accompagnée de 3 autres tuteurs. Plus de place dans le train, sauf les plus chères, le trajet en bus est beaucoup trop long et on ne peut pas se le permettre car Val est déjà sur place et il nous attend. Du coup on prend l'option taxi et quand on est 4 ça ne revient pas cher et ça va plus vite. Arrivés à Agra on retrouve Val qui nous a dégotés un hôtel dont la terrasse donne sur le Taj Mahal. Waa vraiment trop doué ce Valentin! Et aussi un grand Waahouu au Taj Mahal parce que franchement c'est vrai que c'est beau.

Alors voilà ce qu' a vu Valentin quand il est monté sur le toit de l'hôtel

DSC01780

Bon, vous voyez bien que ça n'est pas le truc à droite mais le grand édifice blanc au fond!

Et voilà ce que nous avons vu le lendemain quand quand nous avons "sauté du lit" pour observer le soleil se lever sur le Taj Mahal (à considérer comme une expression idiomatique; pour ceux qui nous connaissent vous imaginez bien que dès que le réveil a sonné nous nous sommes empressés de l'éteindre!)

DSCN3542

Et si vous regardez bien sur la gauche, sur les branches, on peut voir un perroquet

DSCN3547

DSC01862

Et là c'est nous à 6 heures 30 du mat' en train de nous geler !

Bon, après ce réveil difficile, on part pour la vraie visite du Taj Mahal. Et on y passe un temps fou vu le prix que nous avons payé. 10 roupies pour les Indiens et 750 pour les étrangers. En plus en arrivant à l'entrée, le garde nous interdit de garder nos sacs et sacs à main alors que derrière nous il y avait des Indiens plutôt chargés!

Le Taj Mahal est encadré par 3 majestueuses portes d'entrée, le derrière étant bordé par la Yamuna, un des 7 fleuves sacrés de l'Inde, on ne peut y accéder. Une fois entrés, on a face à nous le mausolée de marbre blanc et sur les 2 côtés, une mosquée.

DSCN3557

L'entrée du Taj Mahal

DSC02012

Une des 2 mosquées

DSCN3566

Et voici le meilleur pour la fin, le Taj Mahal en personne!!

Après cette superbe visite, Valentin & moi partons en train pour Bénares (ou Varanasi), la ville sainte du pays. Nous arrivons le lendemain matin, mal réveillés par le brouhaha de la gare, d'autant plus que quand les rickshaw voient arriver des étrangers, ils ne les lachent pas d'une semelle. Quelques 30 minutes plus tard nous arrivons dans le petit centre ville, grouillant de monde, de klaxon... et nous devons finir notre route à pieds. Une surprise nous attendait en bordure du Gange (LE fleuve sacré de l'Inde): du calme, du vrai calme!! Incroyable! Fini la foule, fini les odeurs de pétrole, fini le klaxon. Quelques bateliers nous sollicitent par des "hello ma'am, hello sir, boat?", quelques vendeurs de soie viennent nous dire qu'ils ont la meilleure du pays dans leur boutique pas loin et quelques rabatteurs cherchent à nous aider à trouver un hôtel ( pas par gentillesse mais parce que ça leur rapport de l'argent). Mais tout ça n'est rien par rapport à ce que nous vivons au quotidien.

On décide de trouver un hôtel par nos propres moyens mais le rabatteur n'a pas l'air de bien comprendre. On lui explique gentiment que nous n'avons pas besoin d'aide et il finit par faire semblant de nous suivre (ça devait être un débutant parce que quand on fait ce genre de truc on évite de porter des vêtements jaune fluo, on est vite remarqué!) Val fini par s'énerver un peu et enfin nous trouvons un petit paradis en bordure du Gange. Resto en terrasse avec vue sur le fleuve, chambre bien décorée et surtout une vraie salle de bain c'est-à-dire avec un rideau de douche (propre), de l'eau chaude et une poire de douche qui fonctionne!! Un petit paradis je vous dis.

DSCN3727

DSCN3699

Vue du toit de l'hôtel

Les affaires déposées nous partons en balade sur les ghâts (les marches qui mènent au Gange). On arrive vite aux "burning ghâts", là où on incinère les morts. Quelqu'un s'occupe vite de nous et nous invite à aller observer ça en haut d'un vieux batiment abandonné, pour ne pas rester en bas avec les familles. On hésite un peu puis finalement on y va. Bien sûr cette personne nous précise que ça n'est pas un guide, qu'il ne demande pas d'argent, qu'il fait juste ça pour éviter aux familles qui subissent ce traumatisme d'être dérangées par les touristes. Il nous explique comment ça marche: ce sont uniquement les hommes qui sont incinérés, les femmes n'ont pas le droit d'assister à la cérémonie et c'est le fils du défunt qui met le feu. Il a aussi l'obligation de se raser la tête. Il enchaîne ensuite sur le fait que le bois coûte cher et que certaines familles n'ont pas les moyens (150 roupies le kilo). On décide enfin de partir, les yeux brûlés par la fumée. En effet sous nos yeux brûlaient quelques 4 ou 5 corps. Mais le gentil jeune homme pleure presque et finit par nous demander de participer à l'achat du bois en donnant la modique somme de 150 roupies. Il nous met mal à l'aise, joue sur la pitié et je donne quelques roupies. Non content de la somme, il me regarde mal et me dit que je peux aller chercher de l'argent à la banque!! Il nous a vraiment pris pour des écervelés.

Plus tard, dans la soirée, on s'approche du Main Ghât, plus de monde et plus de bruit et un jeune homme de 17 ans vient nous voir: "Eh salut, tu veux voir de la merde? J'ai plein de merde dans mon magasin, de la merde de qualité. Des étoffes de merdes, des écharpes de merde, enfin plein de merde quoi!" On n'en peut plus de rire et du coup on passe plus tard dans sa boutique. On achète des étoffes 100% soie, on bataille le prix et on s'en va contents.

Le lendemain réveil à 6 heures du mat' pour voir les ablutions à bord d'une barque. En fait tous les hindous qui vivent à Bénares viennent au moins une fois par jour se laver et boire un petite gorgée du fleuve sain et sacré. Je dis sain au sens spirituel de la chose parce que quand on regarde de plus près c'est vraiment crade. Les dobhis lavent même le linge juste à côté des bouches d'égouts.

DSCN3775

DSCN3777

DSCN3818

DSCN3803

DSCN3827

DSCN3843

Le batelier étant fatigué, Val a pris sa place mais on a fait un paquet de petits tours sur place avant d'avancer pour de bon!

Après cette balade, je suis partie me faire un petit massage mais franchement j'ai plus eu droit à une remise en place des mes os tellement elle appuyait qu'à un massage détente. Enfin c'est toujours une expérience!

Puis nous partons à la recherche d'un autre hôtel, notre petit paradis étant complet. On tombe sur un truc correct niveau propreté mais niveau bouffe et acceuil c'est autre chose. Val a même eu une grosse montée de fièvre le soir même, juste après avoir dîné. Soit il était contrarié que le gérant lui ai mal parlé soit il a mangé un truc pas très sain (j'opterai plus pour la seconde hypothèse!)

Sinon l'après midi nous continuons notre promenade sur les ghâts et aussi dans les petites rues aux alentours. On s'arrête dans une boutique de soie conseillée par de nombreuses personnes et on découvre que ce qu'on a acheté hier cétait effectivement de la merde!

DSC02412

100% soie!

Du coup, le lendemain nous retournons voir ce jeune homme à la tchache incroyable et lui disons qu'on doute de la qualité. Il nous jure que c'est du 100% soie et je lui prouve le contraire en arrachant des fils sur une de ses étoffes et en la brûlant (si c'est la soie ça doit sentir le cheveu qui crame). Dommage pour lui ça sentait le coton. Il se sent mal à l'aise et on lui dit qu'on revient avec nos achats pour voir ce qu'on fait. A notre retour, le patron était là pour nous acceuillir! On lui montre qu'on n'est pas contents, il nous jure que c'est de la soie mais de la soie de Calcutta c'est pour ça qu'elle sent pas pareil. Il nous prend vraiment pour des cons et voit que ça nous plaît pas. Tout compte fait il nous rembourse sans trop discuter.

Le soir même, notre périple à Varanasi s'achève, je dois rentrer à Hyderabad pour reprendre le travail. On prend donc un train de nuit direction Delhi pour finir par prendre un avion le lendemain à 16h30. Ce fameux train de nuit devait arriver à Delhi vers 10 heures du matin ce qui nous laissait largement de quoi faire un ti tour et se rendre à l'aéroport. Malheureusement on n'est sûr de rien en Inde. Le train de nuit qui doit rouler de nuit a fait une hlate de 5 heures pendant la nuit. Cool! Du coup, on a raté notre avion et les billets n'étaient pas remboursables. On décide de dormir à l'aéroport en attendant le suivant (non pas que nous ayons vraiment les moyens mais que les trains sont vite complets et qu'il faut réserver les places à l'avance et mes étudiants m'attendaient pour reprendre les cours).

Contrairement à tout ce que nous avons entendu sur Varanasi, notamment sur le fait que beaucoup d'occidentaux aient été choqués ici, nous avons été plutôt surpris et ce fût pour nous un véritable havre de paix. Cela dit notre dernière image restera longtemps gravée dans notre mémoire: sur les marches qui frôlent l'eau du Gange, 2 hommes prépare des chapatis: ils ont la farine et utilisent l'eau du Gange pour faire la pâte. Jusque là ça va à peu près par rapport à tout ce que nous avons pu voir. Mais le truc c'est qu'à 2 mètres, une chèvre à moitié décomposée flottait tranquillement.

Je crois qu'il y a une chose que je ne comprendrais jamais et à laquelle je ne m'habituerai pas c'est tous ces déchets qui polluent les villes et les rivières. A Varanasi, on est face au fleuve le plus sacré du pays, tout hindou s'y rendant est obligé d'y faire ses ablutions. Quand on pense "sacré", on pense "respect" et ça n'est pas du tout dans la conscience collective. Les hindous partent faire leur prière dans le Gange et en profitent pour jeter leurs poubelles! En ce qui concerne les villes en général, outre la pollution sonore et atmosphérique à cause du traffic, les Indiens utilisent les routes et trottoirs comme poubelle. A Mumbai, dans le quartier chic, il est interdit de prendre des photos et de filmer sur la route piétonne qui borde l'océan tellement c'est immonde. Mais à côté de ça, on voit partout des panneaux de la municipalité "keep clean". Comme me dit Vikas, peut être le seul Indien qui met ses papiers à la poubelle, la mentalité indienne c'est "they don't care". Vraiment, je ne comprends pas.

Posté par Sarah Pradesh à 11:33 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

...

Waouh, le look de baroudeur Val! T'es un peu le Bill Baroud indien en fait non?

Jolies photos encore une fois en tout cas.

Posté par Guillaume, 15 décembre 2007 à 17:20

Ok vieux briscard je vois qu'on ne te l'a fait pas ... tu sais reconnaître les pointures. Le dévouement à la patrie m'avait ce jour là conduit sur les rives du Gange... Mauvaise info, bloody hell; je pars donc ce soir pour Pondichery à la rescousse du monde libre; la routine quoi. arf
Bisous

Posté par Bill, 16 décembre 2007 à 15:40

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=330833&pid=7229911

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :